Mission médicalisée en Casamance 5

Poursuite du récit de Michel…

16 avril 2012

6 H 15, c’est le réveil. Il fait encore nuit noire. Mais il faut se presser, car le petit déjeuner préparé par nos intendants est à 6 H 45 pour un départ de la pirogue à 7 H 3O, direction l’île de Karabane, sur la rive gauche du fleuve en face de Diogué.

Après un court périple en pirogue d’1 H environ, on débarque à Karabane et on prend en mains ce qui est appelé « Centre de Santé » ! En fait il s’agit d’une case avec quelques pièces quasiment vides, si ce n’est dans les « deux bureaux » la présence de deux lits plus tout à fait neufs; il y a aussi un tabouret. La pièce d’eau attenante est dépourvue de toute arrivée d’eau. On se répartit les bureaux, Dominique le cardiologue me demande de faire binôme avec lui et Michel de Sainte-Maxime prend le bureau en face, on s’installe tant bien que mal en déployant notre propre équipement : stetho, tensiomètre, otoscope, feuilles de recensement des patients, quelques ouvrages médicaux pour nous aider le cas échéant aussi bien en dermatologie qu’en ophtalmologie ou en médecine tropicale.

Pendant ce temps Jean l’ORL et Yves ont gagné l’école pour proposer aux enfants de l’école primaire  un examen de médecine scolaire.

Fafa le pharmacien trouve un endroit pour ouvrir ses cantines et installer son stock de médicaments . Il nous fait le listing des possibilités de prescriptions en sachant que nous distribuons gratuitement le début des traitements à poursuivre ensuite par le patient en se réapprovisionnant au poste de santé ou en ville.


Nous voici installés, on attend donc le client !

Vers 9 H arrive le premier patient qui se plaint de douleurs depuis les pieds jusqu’à la tête ! … Ensuite, notre première bilharziose avec ses urines sanglantes (il marche pieds nus dans les marigots et rien de tel pour être infesté par ce petit ver qui chemine jusqu’à la vessie. Notre stock de médicaments n’a pas le traitement spécifique (en rupture de stock à la pharmacie régionale), mais avec une prescription, il pourra peut-être pour quelques centaines de francs CFA se procurer, dans la pharmacie privée la plus proche, à Ziguinchor à quatre heures de pirogue…, le traitement voulu. Ensuite, c’est un défilé de patients avec des pathologies somme toute bien banales que l’on retrouve dans nos cabinets en métropole, HTA, infections respiratoires, douleurs rhumatismales, etc…

Les caries dentaires dépassées sont nombreuses. On les adresse au cabinet dentaire où Anne et Bernardin  arracheront à ces infortunés une multitude de  chicots ou de dents entièrement gâtées, en procédant bien entendu à une soigneuse anesthésie locale, complétée par  la délivrance à chacun de ces patients d’une antibiothérapie (3 g d’amoxicilline en une seule prise). Quand cela est possible  ils procèdent à un traitement conservateur: micro-tour et lampe à polymériser alimentés par le groupe électrogène leur permettant un traitement soigneux.

Vers 13 H 30, entre la chaleur et l’hypoglycémie qui nous guette, nous décidons de marquer un temps d’arrêt pour nous restaurer et je découvre la tradition : c’est le village qui a préparé le repas, lequel nous sera servi en l’occurrence sur la terrasse d’un petit restaurant  au bord du fleuve où le souffle marin nous rafraichit. Pour ceux qui le désirent on a même droit à une bière pour 1.000 CFA (soit environ 1,60 euro). Je me régale de 6O cl de Gazelle et nous avons droit, ce qui sera classique, à un plat de riz et de poisson. On mange à même le plat avec sa une cuiller, et on dépose les arêtes et les débris sur la table !

Ce festin fini, on réintègre le centre de santé où il fait bien chaud et nous continuons d’entendre les éternelles plaintes de douleurs universelles !

A 17 H, il faut cesser car le soir tombe vite et le vent se lève sur le fleuve.

Présentation de notre ONG en date du 23 décembre sur ce blog.

 

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