Mission SMARA au nord Mali

Vendredi 30 avril

Ciel bas et gris sous lequel souffle un vent tourbillonnant qui charrie le sable du désert et agresse nos yeux, agitant les herbes et les branches des maigres arbres de Léré. Au poste de santé nous sommes venus travailler. Le chef de poste, tout comme celui de Dianké hier est parti pour le chef lieu du cercle et nous devons le suppléer ce qui bien sûr, comme je l’ai déjà dit ne correspond absolument pas à notre mission ni à l’objet de notre présence ici.

 

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On nous présente immédiatement un enfant de sept  mois, fiévreux, inconscient qui convulse. Il aurait déjà été vu dimanche dernier sans que nous retrouvions  le diagnostic et la thérapeutique mise en œuvre. De plus le corticoïde injectable prescrit (pour une raison que nous ne parviendrons pas à identifier) n’a pu être trouvé par la famille et injecté qu’hier soir; aucune reconsidération de l’utilité ou non de ce traitement n’ été faite et surtout n’a pas pu être pratiqué le nouvel examen qui aurait peut-être permis d’actualiser le diagnostic et la thérapeutique qui pouvait alors être proposée…Quinine intra rectale et diazepam intra rectal à deux reprise ne parviennent pas, malgré les enveloppements humides à faire baisser la fièvre et à rendre à l’enfant la possibilité de boire pour s’hydrater sous la chaleur étouffante qui règne.

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Une veine de la main permet  la mise en place d’une perfusion de sérum glucosé à laquelle on adjoindra les antibiotiques sans réussir à redonner sa conscience  à l’enfant et nous décidons donc de l’évacuer  sur le centre hospitalier de référence à Niafunké: encore faut-il que l’ambulance arrive de l’hôpital pour emporter l’enfant ce qui est décidé dès lors que la famille peut  prendre en charge les frais…Finalement elle décide de ne pas recourir à ce moyen dans la mesure où elle a trouvé, en ce jour de foire et de grand marché, un véhicule qui  les amènera plus rapidement à l’hôpital…Nous ne savons pas ce qui s’est passé exactement mais l’enfant n’est jamais arrivé à l’hôpital sans doute décédé  en cours de transport.

Pendant la consultation accouche une femme d’un bébé de 5 kilos! Déjà son précédent enfant faisait un tel poids: il est donc probable que cette femme est pré diabétique et qu’elle va devoir dès maintenant adopter un régime approprié pauvre en sucres rapides et surtout adopter un mode de vie moins sédentaire avec une activité physique suffisante. Dicko est très heureux d’avoir pu pratiquer l’accouchement dans de bonnes conditions…

Une autre femme qui désire une grossesse sans l’obtenir a des nausées et se sent » en état » ce que ne confirme ni l’examen ni le test sanguin rapide…

Une patiente présente une paralysie faciale complète que mes étudiants veulent mettre en relations avec son hypertension: il faut donc recourir au Merck que je transporte toujours avec moi, pour qu’ils acceptent  effectivement la non relation entre les deux événements; un accident vasculaire peut effectivement déclencher une paralysie faciale mais celle-ci sera d’origine centrale et ne concernera que la partie inférieure du visage et non tout l’hémiface comme c’est le cas pour cette patiente; il faut veiller à la sécurité de son œil puisqu’elle ne parvient pas à fermer sa paupière exposant ainsi sa cornée  au vent et aux poussières ainsi qu’à la sécheresse…Tout le monde rit  dans la salle de consultation lorsque je lui conseille des lunettes de soleil mais, elle, elle  comprend bien pourquoi et pense que cela sera réalisable…

 

ANIMA vous est présenté à la date du 31 mai sur ce blog.

 

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