Mission de janvier 2010 en Casamance N° 12

Bolong toujours idyllique quand vient le soir et que brûle un feu autour duquel  on se réunit même s’il ne fait pas vraiment froid. La lune ronde, bientôt pleine, se lève au dessus du voilier qui s’oriente au gré des courants de marée ; sur le fleuve à l’entrée du bras qui nous accueille, une balise clignote, rouge comme il se doit pour une marque bâbord… Trois poissons, des espèces de Saint-Pierre nous dit-on, évoquant des daurades grillent doucement sous la surveillance de Bruce. On a donné la main à nos cuistots pour préparer une salade d’oranges et de fruits au sirop ainsi que pour assaisonner le reste de taboulé.

Pour se rendre à la case de santé il faut marcher, sortir du sous bois et emprunter la digue  en gardant à gauche la mangrove et à droite des étangs salés où hérons cendrés, grandes aigrettes blanches, lourds pélicans, élégantes spatules, petits échassiers, actifs martin-pêcheurs affluent et se disputent le poisson, s’envolant les uns après les autres à notre passage.

Chaque matin, à 8 heures et demie, nous sommes à la case et commençons nos consultations après avoir sorti notre matériel de l’unique pièce fermant à clef dans cette case bien abimée. Les tickets sont distribués sous un arbre à proximité immédiate puis les patients affluent à la case en passant par Philippe qui assure les tests « glycémie »

dscn3654.1268300086.JPG notre intendante joue les secrétaires pour nous aider

 

puis par Catherine qui s’affaire  à peser, mesurer les températures et les tensions artérielles tout en  soignant les plaies ou en débouchant les oreilles…Les patients attendent sagement sur un banc que nous venions les chercher pour la consultation. Nous sommes à quatre médecins et cela nous permet de travailler tranquillement en prenant notre temps tout en nous concertant s’il le faut.

Patiente en pré-éclampsie que nous faisons évacuer par la pirogue ambulance sur Elinkine puis de là par  l’ambulance routière sur Oussouye. Elle avait été vue par Emma voici moins de quinze jours mais malheureusement n’avait pas jugé utile de se procurer les médicaments pour faire baisser sa tension artérielle si bien que nous la retrouvons avec une TA catastrophique et surtout une protéinurie de mauvais aloi et des œdèmes débutants des membres inférieurs : elle porte des jumeaux et ne doit accoucher que dans un mois et demi ce qui amplifie notre détermination à la placer au plus vite en milieu hospitalier pour éviter qu’elle n’entre en convulsions au risque de mourir et bien sûr de perdre ses deux enfants dont les battements cardiaques restent pour l’instant satisfaisants. Il faudra négocier longtemps, insister et finalement avancer l’argent de l’évacuation pour que la pauvre femme  accepte en pleurs de suivre nos conseils.

dscn3717.1268300455.JPGRepas préparé par Colette et Bruce: ce fut toujours parfait et vraiment formidable d’alimenter de si belle façon une « armée en campagne »!…

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Présentation d’ANIMA an date du 12 janvier sur le blog

 

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