Mission médicalisée en Casamanc en janvier 2009 – Chapitre 23

Nous retrouvons Moïse qui nous attend au débarcadère de Boune où  les femmes chantent et dansent pour notre arrivée. Longue et large avenue de sable à travers le village menant à la place qui tient lieu de terrain de football pour les enfants, place qui s’élargit sous l’albizia enserré par un gigantesque ficus qui l’enserre puissamment et finira bien par le faire mourir. Un essaim d’abeilles, noir tirant sur le brun,   y est blotti depuis des mois sans que cela perturbe les réunions sous cet arbre à palabres.

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Installation des tentes ainsi qu’au campement de Moïse qui loge Hyacinthe et quatre d’entre nous. Nous faisons toujours équipe, Dominique et moi, et nous nous aidons à la bonne installation et à la mise en place da la moustiquaire imprégnée indispensable pour nous protéger des moustiques et du paludisme. D’ailleurs nous constatons fort peu de cas de palu qui nous semble plutôt en régression sur les villages que nous fréquentons même si, de temps en temps, nous apprenons qu’une personne jeune ou un enfant a été victime d’un neuro-palu foudroyant: c’est certainement l’emploi généralisé des moustiquaires imprégnées qui est à l’origine de cette atténuation du péril de la malaria. Il convient cependant de ne pas être trop optimiste puisque nous sommes après la saison des pluies: c’est surtout pendant l’hivernage, lors des pluies tropicales de l’été, que pullullent les moustiques et que  flambe à nouveau le paludisme…Cette maladie reste un des grands fléaux et  tue encore nombre d’enfants de 0 à 5ans. 

En mars dernier nous avions souffert de l’attaque des mout-mouts minuscule insectes noirs qui n’avaient cessé de nous assaillir dans la matinée et surtout en soirée nous obligeant à nous réfugier derrière un nuage de fumée en brûlant  les palmes sèches tombées des rôniers; ces palmiers ( le nom botanique est Borassus) dont la sève fournit le vin de palme si apprécié par nos amis Diolas…Revenons aux féroces mout-mouts! Si l’on est piqué il ne faut surtout pas gratter car alors apparaît un bouton; résister à l’envie féroce de gratter et en quelques minutes rien ne se passe! Toujours est-il que nous apprécions fort cette fois de ne voir que quelques mout-mouts trouvant que ce n’est pas un désagrément majeur mais gare lorsque nous reviendrons dans deux mois…

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On connaissait les hérons « garde-boeufs » mais pas les corbeaux « garde-porcs »……

Nous prenons nos repas chez Jean le directeur de l’école « qui a voyagé » comme on dit et n’est donc pas là. Les instituteurs du district de Bignona sont en grève en raison d’un conflit qui les oppose à l’Inspection Académique et au ministère à propose de la mise à pied injustifiée du directeur. Nous parviendrons à assurer la médecine scolaire grâce à Moïse, homme précieux comme vous le voyez puisqu’il est aussi président de l’association des parents d’élèves. Les classes sont pauvrement dotées en tables et matériel comme  le plus souvent dans ces villages déshérités. Nous examinerons ainsi une cinquantaine d’enfants en bon état général.

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