Exposition Odile Guinand à l’Institut IREA

http://www.irea-institut.org/odile-guinand.html

L’Institut de recherche et d’études africaines (IREA) est – comme son nom l’indique – un espace d’étude, de recherche et de dialogue fondé selon la loi de 1901 et son décret d’application.

L’IREA s’inscrit dans la tradition des Editions Harmattan qui accorde une attention particulière :

au dialogue des cultures ;
– au respect du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ;
– à la promotion des droits humains ;
– au décryptage du réel pour en déceler les enjeux humains, sociaux, économiques et politiques ;
– à l’accompagnement des mutations nécessaires visant à favoriser l’amélioration et le progrès du vivre ensemble.

L’IREA s’est fixé cinq objectifs :

– poursuivre l’expérience d’animation et de coordination des éditions l’Harmattan ;
– favoriser – dans l’esprit des Éditions l’Harmattan – le développement des travaux de recherche menés sur le terrain ;
– promouvoir une meilleure connaissance des réalités africaines ainsi qu’un dialogue politique mieux informé sur l’Afrique ;
– produire, disséminer et diffuser une information indépendante et de qualité sur l’Afrique ;
– offrir un espace de dialogue et un carrefour de débat et de rencontres sur l’Afrique réunissant les chercheurs, les responsables politiques, économiques et la société civile.

Exposition Odile Guinand du 21 avril au 30 juin 2014

Vernissage le vendredi 16 mai à 18h

 

« Tout est lié, tout est vivant, tout est interdépendant ».
Amadou Hampâté Bâ

Sans cesse à la recherche de la trace enfouie, témoignage de la mémoire fossilisée et de l’éphémère figé, j’interroge la terre, les sols tatoués, le calcaire meurtri, l’argile du fleuve et le sable du désert…
Je sonde les signes incompris, les incisions, les griffures secrètes, les pictogrammes ancestraux ; puis inlassablement, je superpose, plaque, amalgame, greffe, gratte, frotte, efface…

Ceci dans des couleurs bistres, brunes et ocres, palette de terres rudimentaires ramassées au Mali, qui viennent ici mêler leur limon au papier pour y inscrire des talismans contre le néant et l’oubli…

Alors par le plus grand des mystères, une correspondance s’installe entre les terres découvertes, les paysages entrevus, les hommes rencontrés, les émotions éprouvées et l’alchimie des pigments des terres décantées, des papiers de hasard, des vieux chiffons décolorés, des objets fatigués et abandonnés.
Tout est là pour que sur le support réhabilité, une nouvelle histoire s’inscrive. Une histoire de retour en Terre Première, une histoire d’amour dévoilé, une histoire où toutes les lectures sont possibles, mais qui parle surtout d’hommes et de femmes, d’espérance, de poussière et de vent…

Depuis 1989, Odile Guinand, son mari Jean-Yves et leurs enfants se rendaient régulièrement au Mali. En 1999, ils ont posé leurs sacs dans une concession de Nantaka, un petit village peulh au bord du fleuve Niger. Chaque année, Odile partageait sa vie entre les deux continents. Ces va-et-vient et ce nomadisme en dehors de toute habitude lui ont permis de situer son travail entre abstraction et figuration, sensible et symbolique, geste et idée, flux et forme, intuition et réflexion, émotion et mémoire… Orient et Occident…

« Objets et matériaux de la vie quotidienne de mon environnement immédiat en milieu peulh, bozo, songhaï, bambara, s’imposent à moi dans la liberté d’une expression autonome. La force de leur charge culturelle et de leur matière font que leur emploi est pour moi une évidence. Dans l’atelier, ils se positionnent d’eux-mêmes et mon intervention est simplement soumise aux contraintes du temps et aux réalités techniques. Le reste se fait presque tout seul… »

Après une enfance lumineuse au Maroc, elle effectue des études d’arts plastiques à Lyon. Ayant travaillé en architecture d’intérieur pendant plusieurs années, elle a développé son sens de la mise en relation des objets entre eux et leur importance dans l’espace. Parallèlement, elle a mené une recherche artistique personnelle qui l’a entraînée vers des territoires de plus en plus vastes.

Mais la grande révélation fut sa rencontre avec le Mali qui la replongea dans la magie africaine dont elle garde les traces indélébiles depuis l’enfance. L’explosion de son inspiration au contact de la culture malienne lui a ouvert une porte mystérieuse : attirée, fascinée elle a franchi le seuil et sous la pression d’une force impérieuse, elle est entrée tout entière dans le secret de ce monde captivant.

Depuis, elle n’a cessé d’explorer cette « terre inconnue » qui est devenue la terre de son cœur.

« Cette exposition est une façon d’exprimer tout cela, de le dire très fort. Le dire par ces œuvres qui ne sont pas seulement des créations artistiques mais plutôt des actes d’amour, des fêtes intimes organisées pour me fondre dans tout ce qui m’est offert, tout ce qui me déracine et m’enrichit à la fois. Et pour tenter à travers elles de faire rayonner quelque chose qui me dépasse et de jeter un pont entre deux cultures, deux continents…».

En Afrique l’art traditionnel est considéré comme l’expression incarnée des forces cosmiques sous un aspect particulier et comme un moyen d’entrer en relation avec elles.

« Ce travail ne m’appartient pas, il commence à vivre à travers le regard des autres qui le chargera de ses émotions ».

Pour ses expositions, Odile privilégie les lieux de rencontres et d’échanges culturels. C’est ainsi qu’elle exposa en 1997 au Centre Culturel Français de Bamako, et en 2010 à l’Alliance Franco Malienne de Mopti, entre autres…

Présentation de ANIMA en date du 21 décembre 2012 sur ce blog.

 

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