Sénégal: l’insuffisance rénale

Sur le site « Afrique en ligne » ce témoignage d’un patient insuffisant rénal qui se révolte contre l’insuffisance de la prise en charge des patients qui nécessitent d’être dialysés.

Santé Insuffisance rénale – Les manquements notés dans la prise en charge des insuffisants rénaux sont la preuve manifeste du non-respect du droit à la santé au Sénégal, a soutenu El Hadji Hamidou Diallo, président du mouvement des insuffisants rénaux du Sénégal. ‘L’insuffisance rénale est la preuve manifeste du non respect du droit à la santé au Sénégal. L’Etat ne fait rien. C’est la maladie la plus grave du siècle mais l’Etat ne sensibilise pas, ne dépiste pas’, a-t-il déclaré à l’APS.

‘Au début, à l’hôpital Le Dantec, le prix de la séance de dialyse était fixé à 50.000 francs CFA, maintenant, il a été ramené à 10.000 francs Cfa, mais on a 15 lits pour 14.000 malades. La liste est longue. Tous les jours, ils font la dialyse mais on ne sait pas qui est dialysé et qui ne l’est pas. C’est opaque’, a-t-il dit.

‘Pour une maladie aussi dangereuse, à 18 heures, ils (les médecins et soignants) descendent(=quittent le travail). Normalement, ils doivent travailler 24h/ 24 pour assister les personnes en danger’, a estimé le président du Mouvement des insuffisants rénaux du Sénégal.

Insuffisant rénal et fils d’insuffisant rénal, M. Diallo ajoute : ‘aujourd’hui, au Sénégal, il y a 14.000 insuffisants rénaux qui vont mourir en 2012, parce que son traitement nécessite au minimum 600 mille francs Cfa par mois que peu de familles sénégalaises peuvent assurer’.

Ainsi, a-t-il précisé, ‘la région de Dakar compte à elle seule 3.000 insuffisants rénaux, alors qu’on a, au total, à peu près 65 lits pour faire la dialyse avec 15 lits à Le Dantec, 15 lits à Principal. L’Assofal a 20 lits et il y a un autre centre, ABC, qui a 15 lits’.

En outre, ‘si vous faites une séance de dialyse le mardi, vous revenez vendredi. Si vous n’avez pas d’argent, vous pouvez sauter vendredi pour revenir mardi. Sinon, vous commencez à avoir les jambes enflés, l’eau monte, arrive aux poumons et le coeur et puis c’est la mort’. ‘Il suffit de rester deux jours sans faire de séances de dialyse et puis vous risquez de mourir’, a-t-il ajouté.

‘Si un médecin vous diagnostique une insuffisance rénale, s’il voit que vous pouvez payer la dialyse, il vous le dit, sinon, il vous donne des médicaments pour vous permettre d’uriner’, fait valoir M. Diallo.

‘L’insuffisance rénale est liée au fait que le rein ne peut plus filtrer l’urine qu’il renvoie tout dans le sang et cela empoisonne l’organisme’, a-t-il rappelé. Il faut, dans ce cas, une aide extérieure pour faire la dialyse, c’est-à-dire sortir le sang, et le laver, a-t-il encore expliqué.

Selon El Hadj Hamidou Diallo, le combat du mouvement des insuffisants rénaux s’étale sur plusieurs étapes. ‘A court terme, on veut aller dans les villages reculés pour identifier les malades et commencer à les soigner. Pour cela, il faut des appareils et un appareil coûte 14 millions mais il y a des appareils de seconde main qui valent un million 500 mille francs’.

‘Avec un appareil, on peut sauver neuf personnes, dit-il. L’Etat dit non, on ne veut pas des machines d’occasion mais des machines neuves alors qu’il dit n’avoir pas de moyens. L’Etat ne peut pas acheter des machines neuves et ne veut pas des machines d’occasion. Conséquence, on va tous mourir’, a déploré M. Diallo.

‘Le calcul peut être fait très rapidement,’ souligne M. Diallo. ‘On peut acheter 3.000 machines à hauteur de 3 milliards de francs Cfa et cela couvre tout le Sénégal’. A ce sujet, le mouvement des insuffisants rénaux est en train de travailler, selon son président, sur un dossier visant à mettre en place un fonds d’appui à l’insuffisance rénale qui ‘a besoin d’un milliard 400 millions de francs CFA pour démarrer’.

Entre autres mesures sur lesquelles le mouvement travaille, il a cité la suppression des taxes et droits de douane sur tous les matériels et médicaments nécessaires à la prise en charge l’insuffisance rénale.

APS/21/05/2012

Il existe en fait deux techniques de dialyse : par voie veineuse et par voie péritonéale. L’article ne fait pas la différence entre ces deux modes de dialyse.

Présentation d’ANIMA en date du 23 décembre sur ce blog.

 

 

Comments

  1. Bonjour,
    nous sommes interpellés par l’article sur l’insuffisance rénale et la dialyse au Senegal. 14 000 insuffisants rénaux qui vont mourir, c’est difficilement imaginable. Mais cet article ne parle que de l’hémodialyse, traitement qui est cher, avec machines coûteuses et séances dans un centre équipé et du personnel spécialisé. La dialyse péritonéale est une méthode qui coûte beaucoup moins cher, et qui se fait au domicile sans machine.
    La solution pourrait passer par une production locale de liquide de dialyse, car même pour cette dernière méthode s’il faut importer le liquide, ça devient cher. Pourtant, ce n’est que de l’eau stérile avec quelques électrolytes.
    Le Pr Abdou Niang du CHU de Dakar, est un spécialiste mondialement reconnu pour cette méthode de dialyse. Peut-être pourriez-vous l’aider à développer cette méthode, qui serait très bien adaptée dans les pays où les ressources financières pour la santé ne sont pas suffisantes ?

  2. Merci à notre ami Pierre-Yves pour son commentaire avisé. Il est le responsable pour toute la zone BRETAGNE de la dialyse péritonéale: on peut donc considérer que c’est là un avis des plus éclairé.
    Yves Menguy

  3. Je suis sénégalais, je souffre d’insuffisance rénale. Malheureusement les listes d’attente sont très longues et sinon il faut payer 40 000 Fcfa la séance et il faut en faire deux par semaine. Je n’ai pas les moyens. Comment faire ? Merci

  4. prière de me contacter svp. pour la pétition, prière de la signer et de la partager. merci.
    Dakar, le 22/10/2015
    Excellence, Monsieur Ban Ki Moon,
    19.000 insuffisants rénaux vont mourir cette année au Sénégal. Autant sinon plus en Guinée Conakry, en Guinée Bissau, au Mali, au Niger, et autant, partout en Afrique sans que nos états ne puissent empêcher cette hécatombe à l’échelle continentale.
    Chaque année, 4000 nouveaux cas apparaissent par pays.
    Tous les centres de dialyse en Afrique au sud du Sahara, sont pleins et ne peuvent plus recevoir de patients. Tout nouveau malade ne peut être admis en hémodialyse.
    Nous pensons qu’il faut maintenant trouver deux autres stratégies :
    1. Mettre en place un programme continental de sensibilisation sur les raisons de l’insuffisance rénale,
    2. Faire un plaidoyer au niveau des Nations Unis pour que l’insuffisance rénale soit un programme des Nations Unies, comme le sont le Paludisme ou le Sida.
    Ensemble, nous pouvons agir pour que la dialyse soit un programme des Nations Unies. Notre objectif est de recueillir un million de signatures et nous avons besoin de votre aide pour y parvenir.

    Pour en savoir plus et signer la pétition, cliquez
    ici: https://secure.avaaz.org/fr/petition/Monsieur_Ban_Ki_Moon_Secretaire_General_des_Nations_Unies_faire_de_la_dialyse_un_programme_des_Nations_Unies/share/?new
    Veuillez prendre un instant pour nous aider: faites passer le mot pour lutter contre cette tueuse silencieuse.

    Merci mille fois,
    El Hadj Hamidou Diallo,
    Président du Mouvement
    des Insuffisants Rénaux du Sénégal,
    MIRS.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.