Mission d’octobre 2009 sur les îles de Basse Casamance Chapitre 24

Retour au campement et pour ma part au voilier avec les Dominique et Teiva: un jeune gardien est venu comme à l’accoutumée passer sa journée afin de permettre à Philippe et à Dominique de quitter les lieux et de nous rejoindre à la case de santé et au repas.

Annonce par un SMS que Delphine a bien subi avec succès ses tests et peut débuter sa formation d’infirmière à Zig

On revient pour le dîner: la table est une grande planche, quelques bancs  tandis que d’autres sièges sont improvisés avec planches étroites et bidons d’eau sur lesquels ils reposent.

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Paille séchée,  palmes tombées permettent de lancer un feu pour la plus grande joie du gamin qui se réjouit d’y faire cuire un poulet.. mais pas de poulet sous la main et il faudra donc faire semblant: dire qu’en janvier et en mars sur cette même plage nous étions au plus près d’un grand feu pour nous réchauffer tant était basse la température et vif le vent…Grande salade composée  préparée  avec les légumes de saison (choux, tomates, carottes) par Philippe arrosée de la vinaigrette concoctée par Mireille.

Superbe coucher de soleil le ciel rougeoie au dessus de l’océan. « red sky at night, sailor’s delight » (ciel rouge au couchant, plaisir du marin…)  mais la fraîcheur ne vient pas pour autant …

On retrouve dans la nuit le voilier; finalement Philippe et Mireille ont eux aussi déployé leur tente à terre et je suis le seul à dormir à bord chez les Dominique et Teiva. Samedi matin lever comme  hier à 4heures 30 pour avancer mon compte rendu tranquillement à l’abri des insectes et avec la lumière + le courant 220 V pour l’ordinateur. Nous sommes en pays musulman comme en atteste le chant du muezzin à 5 heures, inconnu sur les autres îles de Casamance mais ici beaucoup d’étrangers viennent travailler : les Diolas ne sont pas majoritaires même s’ils dirigent le village. Passage des militaires très présents sur le village du fait des événements ; nous les avons prévenus de notre venue et de notre arrivée. Ils viennent nous saluer et s’informer pour savoir si nous les recevrions à notre consultation,  le cas échéant, ce qui va de soi bien évidemment…

Le voilier, du fait du courant, est exactement dans l’axe du vent qui se lève : je le reçois avec plaisir, rafraîchissant enfin la moiteur de la nuit qui avoisine  depuis notre arrivée les 29°, température peu confortable et nous n’avons pas à nous glisser sous le drap ou dans le sac à viande…Quelques éclairs au loin…serait-ce un orage qui nous arrive? Dominique se lève pour  plier et rentrer en prévision d’un grain qui nous tomberait dessus la bâche et la grande moustiquaire. Il est vrai que pour les rizières  une forte pluie serait la bienvenue car nous avons constaté, en cheminant  vers la case de santé, le manque d’eau vouant, s’il se poursuit, le riz à sécher impitoyablement sur pied; ce serait  une catastrophe que la perte d’une récolte indispensable.

Samedi: travail difficile; nombre de ghanéennes ne parlant pas un mot d’anglais et au dialecte difficile pour tous nos interprètes qui parviennent mal à s’expliquer avec elles; enfants malnutris dont on a le sentiment qu’elles ne savent pas les nourrir au moment du sevrage: l’une d’elles propose à sa fillette d’un an en retard staturopondéral important de la mayonnaise ;  beaucoup de dermatoses: un bébé avec un médaillon infectieux creusant au niveau du menton qui pourrait bien évoluer vers un noma

Enfant de 7 ans opéré à l’âge de 2 ans pour un glaucome qui continue d’évoluer d’autant que l’indispensable traitement par collyre bétabloquant est mal mis en œuvre; l’enfant n’a pas été conduite à sa dernière consultation et ne reçoit pas son collyre depuis huit mois…elle est déjà fortement malvoyante et on se rend compte que la cécité complète  lui est promise…essai de persuader la maman de ne jamais interrompre les gouttes.

Fatou, petite diabétique insulinodépendante, ne va vraiment pas si mal mais sa mère refuse de l’envoyer à l’école: elle  raconte qu’on lui a parlé de lui offrir un téléphone portable alors qu’il s’agit d’un analyseur de glycémie; on a renoncé à lui en apporter un car elle est incapable de s’en servir correctement: au moins la petite est-elle régulièrement amenée pour surveillance au service de pédiatrie de l’hôpital régional de Ziguinchor: nous avions décidé en mars de payer l’insuline afin que l’enfant soit traitée correctement par l’apport de cette indispensable hormone que son pancréas ne sait plus produire.

Une autre fillette dépistée en mars et confiée immédiatement au service d’ophtalmo de Bignona pour LCET (Limbo conjonctivite endémique tropicale) évoluée est elle aussi conduite régulièrement à ses RV;  justement le prochain  est prévu fin novembre au moment où Dominique et Corinne nos deux ophtalmos seront en fonctions sur le service.

Parmi ces ghanéennes nombreuses CPN (consultations prénatales).

A la date du 1é janvier sur ce blog présentation de notre association.

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