Mission itinérante sur les îles de Basse-Casamance – chapitre 10

Nous poursuivons notre séjour à Nioumoune au campement « Alouga » devenu, depuis sa création, notre quartier général sur les îles. En ce dimanche,  la consultation se termine vers 15 heures et nous décidons finalement, pour laisser souffler nos intendants, que nous demanderons à Hyacinthe de nous faire préparer par Dom et Néné, les deux cuisinères, le repas du soir.

Lundi matin, on nous prévient qu’un vieil homme résidant à Essangoulou, un des quatre hameaux de Nioumoune, le plus éloigné d’Alouga, désire nous consulter mais ne peut se déplacer pour venir jusqu’à la case de santé. A chacun de nos séjours, on vient nous chercherainsi pour des habitants de ce hameau effectivement bien à l’écart. Je décide de  ne pas attendre et de partir immédiatement pour profiter de la relative fraîcheur matinale avant que le soleil ne devienne trop ardent; j’emmène comme infirmier Philippe tandis que Khalifa, agent de santé, nous servira de guide et d’interprète. Nous cheminons entre les rizières pour arriver à de petits marais salants exploités par les habitants afin d’obtenir le sel pour leur propre consommation et pouvoir même en vendre aux îles voisines. Nous consulterons non seulement le vieil homme qui nous a appelé mais deux autres patients. Perclus d’arthrose, le premier malade nous affirme qu’il est centenaire, mais nous avons peine à le croire…Une femme nous montre ses pieds déformés par un important « hallux valgus », affection plutôt rare  dans cette région où l’on voit plutôt des « hallux varus ».

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Hallux varus (déviation en dedans à l’opposé de valgus, en dehors)

Que faire d’autre sinon de prescrire le médicament anti-douleur de base, le Paracétamol et de prodiguer des encouragements.  Nous revenons et croisons la maman de Lucie qui m’affirme que la fillette nous attend à la case de santé. En fait, il n’en est rien et je reste surpris et fort déçu de ne pas voir cette petite que Jean, notre ORL, a appareillée pour une surdité profonde consécutive à une méningite. Nous ne verrons pas non plus Anna, l’autre enfant appareillée avec un meilleur résultat que Lucie, sa compagne d’infortune. Par contre le bébé de 11 mois nous  fait toujours souci, toujours fiévreux…Nous revoyons une patiente qui devait aller consulter pour un inquiétant problème de thyroïde mais qui n’en a rien fait; nous renouvelons nos conseils en ce sens. Sur le plan ORL encore, nous recevons une patient qui a pu se faire opérer à Dakar d’une otospongiose avec un excellent résultat mais bien sûr elle a pu trouver dans sa famille l’argent nécessaire à cette intervention. Si à Dakar le service d’ORL apparaît ainsi performant, nous savons qu’au Mali il n’en est pas de même. SMARA, conscient de cet état de choses a pu monter, grâce à notre ami Claude des missions avec un professeur lyonnais qui va former les médecins du service pour leur permettre de se lancer dans ce type d’interventions salvatrices.

Le petit « Yves Menguy », ainsi dénommé par sa maman parce que, voici vingt mois, il est né au moment où nous arrivions dans son village de Hitou, ne va pas bien non plus.

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En complète stagnation staturo-pondérale il ne prend plus un gramme depuis son sevrage. Souvent ces enfants, sevrés brutalement (par la survenue d’une nouvelle grossesse…) depuis peu, sont mis avec leur fratrie devant le grand bol familial de riz-poissons et ne savent pas se servir pas eux-même; si un adulte ou une grande soeur ne se préoccupe pas de leur repas, ils entrent dans le cercle vicieux de la malnutrition. Au cours de cette consultation de nombreux enfants sont vus pour diarrhée, ce qui n’arrange pas leur mauvais état général. Nous expliquons la nécessité du lavage des mains à l’eau et au savon: l’eau à Nioumoune est pourtant de l’eau de pluie, recueillie et conservée avec addition des comprimés de Javel  dans les grandes citernes. Mais l’eau, une fois prélevée, doit être conservée dans de bonnes conditions ce qui n’est pas toujours le cas et puis les enfants se baignent dans des mares immondes…Nous en reparlerons… Nous revoyons quelques patients porteurs de cataracte que nous ferons opérer par la prochaine mission ophtalomologique.

photos-anne-097.1260517383.jpgAnne, dentiste, nous appelle pour nous montrer un  epulis chez un gamin porteur d’une dent complètement aberrante…

 

Le voilier « Morgane » nous quitte pour regagner Ziguinchor et emporte les colis de médicaments et consommables que nous offrons à l’hôpital du district, »l’hôpital Silence ».

A la date du 2 octobre vous trouvez une présentation complète de notre association ainsi que nos coordonnées.

 

 

 

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