Effets nocifs du DEET: répulsif antimoustiques

Une étude publiée cet été a mis en évidence que

« Le répulsif antimoustique le plus utilisé a des effets neurotoxiques »

 

sans que cette annonce faite par le site du journal « Le Monde » et transmis par le site « ReMed » ait soulevé beaucoup de réactions, semble-t-il.

 

LE MONDE | 05.08.09 | 12h56 • Mis à jour le 05.08.09 | 16h03

http://www.lemonde.fr/planete/article/2009/08/05/le-repulsif-antimoustique-le-plus-utilise-a-des-effets-neurotoxiques-indesirables_1225967_3244.html

 

Le répulsif le plus utilisé au monde dans les produits contre les piqûres d’insectes, le « DEET », présente, in vitro, une toxicité pour le système nerveux des mammifères. Dans une étude publiée mercredi 5 août sur le site de la revue BioMed Central Biology, une équipe internationale menée par les Français Vincent Corbel (Institut de recherche pour le développement, Montpellier) et Bruno Lapied (université d’Angers) démontre pour la première fois que le DEET inhibe une enzyme clé dans l’échange d’information entre

les cellules nerveuses, l’acétylcholinestérase.

 

Le « N, N-Diméthyl-3-méthylbenzamide », plus simplement appelé DEET, constitue la référence comme répulsif antimoustiques. « Environ 200millions de personnes en font usage chaque année et plus de 8milliards de doses ont été appliquées au cours des cinquante dernières années », rappellent les auteurs de l’article.

 

Cette molécule agit en modifiant les perceptions olfactives du moustique, et donc son comportement : l’insecte ne piquera pas une peau imprégnée d’une préparation à base de DEET. « En effectuant des tests, nous avons constaté que des moustiques mouraient, ce que l’on observe avec un insecticide mais normalement pas avec un répulsif, explique Bruno Lapied. Sachant que la structure chimique du DEET est proche de celles de certains pesticides organophosphorés ou carbamates, nous avons cherché à montrer si, comme eux,

il inhibait l’activité de l’acétylcholinestérase. »

 

COSMÉTIQUE

 

Lors de tests in vitro, l’équipe a vérifié que le répulsif ralentissait

l’activité de l’enzyme tant chez l’insecte que sur des cellules nerveuses de mammifères (en l’occurrence la souris). « Le mode d’action du DEET est très comparable à celui des pesticides organophosphorés ou des carbamates, même si nous ignorons encore s’il s’attaque au même site sur l’acétylcholinestérase », analyse Bruno Lapied.

 

Ce travail ne permet pas de démontrer que le DEET présente une toxicité nerveuse dans l’espèce humaine, mais il soulève cette hypothèse. « C’est ce que nous allons essayer d’évaluer dans une nouvelle étude », indique Bruno Lapied. Néanmoins, ces résultats attirent l’attention sur un problème de classification en vigueur dans l’Union européenne.

 

Rangé dans la catégorie des répulsifs et non dans celle des insecticides, selon les critères européens, le DEET relève de la réglementation des cosmétiques et non de celle, plus stricte, des pesticides. « Notre étude implique que les tests en vigueur pour le DEET ne sont plus suffisants et il faudra prendre des mesures », affirme Bruno Lapied. Comme une reclassification du DEET, qui ne pourrait plus, en toute rigueur, être considéré comme un répulsif mais avoir le statut d’insecticide.

Paul Benkimoun

 

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