Médecine générale en compagnonnage au nord Mali chapitre 9

Nous faisons nos adieux à Youssouf; Bruno, le président de Smara, passera le voir d’ici trois semaines en mission de contacts avec tous les acteurs sur le terrain et ce en compagnie de Maurice le trésorier de l’association. Le coordinateur de terrain Souleymane avec qui j’avais travaillé lorsqu’il était infirmier chef de poste à Léré en l’an 2000 est parti à Lyon pour parfaire sa formation au CIEDEL et nous nous serons donc croisés sans nous voir. L’assemblée générale de Smara à Lyon nous permettra de nous rencontrer.

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Le courant est vraiment passé entre Youssouf et moi: nous pouvons nous féliciter de la venue à Dianké d’un médecin si motivé. IL ne faut pas oublier que c’est le seul centre de santé communautaire du nord Mali à être tenu par un médecin et non pas par un infirmier. C’est l’un des points forts de SMARA que d’avoir ainsi pu imposer ce projet pilote d’un médecin de campagne à la tête d’un CSCOM, à contre courant de la volonté politique au Mali qui ne privilégiait pas la pratique de la médecine en brousse par les médecins, leur réservant plutôt des taches administratives de coordination, de supervision, de formation éventuellement.

Nous reprenons donc la piste pour regagner Bamako. Jusqu’au dernier instant, nous espérons voir arriver le père de l’enfant suspect de néphrose lipoïdique avec le flacon de recueil d’urines que nous lui avions confié pour effectuer les analyses afin de conforter ce diagnostic…en vain! En fait, très probablement, la thérapeutique corticoïde a du améliorer considérablement l’anasarque de l’enfant si bien que les parents ont du estimer inutiles ces analyses dont nous leur avions pourtant dit qu’elles ne leur coûteraient rien…

 

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Au petit matin, la piste reste déserte et nous ne rencontrons pratiquement aucun véhicule. Un climat d’insécurité règne sur la région puisque le conflit entre Touaregs et militaires maliens a repris. C’est au Niger que cela a recommencé: les Touaregs veulent obtenir les retombées des ventes d’uranium à Areva et le mouvement de rébellion s’est étendu au Mali. Une attaque a d’ailleurs eu lieu le matin de notre retour, attaque annoncée immédiatement à la radio si bien que nos amis de Bamako et de Lyon nous sachant sur la route  sont restés inquiets un moment. Le téléphone portable de nos amis étudiants nous servira à mi parcours à contacter Quentin à Bamako, sans rien savoir de ces affres, mais simplement parce nous avions constaté qu’il tentait de nous joindre et alors que n’avions rien vu, rien entendu, loin du camp  militaire attaqué le matin..

Nous retrouvons la base en fin d’après-midi.

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