Lutte sénégalaise en pays Diola chapitre 1

Lors de nos séjours en fin de période d’ hivernage (saison des pluies de juin à Octobre…) nous avons l’occasion d’être conviés à des combats de Lutte Sénégalaise telle qu’elle se pratique en Casamance, terre des Diolas, lors de nombreux tournois de « Lutte Diola » qui suscitent beaucoup de ferveur….

 

D’après ce que disent les sages, depuis toujours la lutte permettait de se jauger entre quartiers ou villages; elle servait à savoir si un ennemi potentiel était plus ou moins fort que soi. Ces rites ont été perpétués et sont l’occasion d’affrontements amicaux entre jeunes d’autres villages ou quartiers. Cela se passait en saison sèche, période libre de travaux agricoles, mais se déroule actuellement en saison d’hivernage période où de nombreux jeunes, étant en vacances scolaires, sont donc présents dans les villages.

Tout se déroule selon un protocole bien défini:

<!–[if !supportLists]–>· l’ouverture de la saison est décidée par le groupe des lutteurs les plus anciens. Au cours d’une petite cérémonie nocturne restée secrète, est organisée la sortie du Bombolon (instrument ce « communication » fabriqué avec un tronc d’arbre creusé selon des techniques tenues secrètes); ils vont aller voler quelques poules qu’ils offrent à manger au villageois de leur quartier. Ce premier jour est un jour d’entrainement où les jeunes peuvent se battre contre les anciens.<!–[endif]–>

<!–[if !supportLists]–>· les combats entre les villages sont prévus sans en définir la date: un groupe de lutteurs décide de se rendre dans le village adverse, il ne le prévient pas et arrive par « surprise ». Mais chaque village reçoit à son tour celui chez qui il s’est déplacé l’année précédente… A lui d’organiser l’accueil de l’équipe adverse : repas, boissons etc…tout en supputant les dates des combats selon l’avancement des travaux agricoles.<!–[endif]–>

<!–[if !supportLists]–>· les échanges entre les quartiers : on prévient le quartier que l’on veut affronter<!–[endif]–>

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Commencent alors les préparatifs.

Chaque lutteur prend grand soin de sa tenue: pagne de couleur attaché à la taille en forme de short, colliers de perles multicolores, bracelets en métal qui servent au bruitage et à géner la prise des poignets, aux chevilles : BABEN, confectionnés avec des feuilles de rognier, attachées aux mollets boites metalliques remplies de clous et tessons secouées au rythme de pas de danses, chapeaux, plumes, queues multicolores attachées au bas du dos…tout çà pour s’embellir ou impressionner l’adversaire. Suivent les filles ayant mis leur plus beaux pagnes, parfois de la couleur du concurrent qu’elles soutiennent.Avant l’affrontement tout le groupe passe au domicile de son « tuteur » qui lui donne les conseils d’usage: combat loyal, respect des règles, du partenaire, pas de règlement de compte personnel…

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