Nouvelle attaque contre des civils au centre du Mali

RFI nous fait part de ce nouveau massacre de civils en pays Dogon au Mali

C’est une nouvelle attaque contre des civils qui a eu lieu, vendredi 3 décembre, dans centre du pays. Des hommes armés, des jihadistes présumés, ont mitraillé un bus et tiré sur les passagers. L’attaque est survenue près de la localité de Bandiagara, dans la région de Mopti, dans le centre du pays. Au moins trente civils ont été tués. Publicité

avec notre correspondant à Bamako, Serge Daniel

Les images sont insoutenables. Le camion de transport, en partie calciné, a été retrouvé au bord d’une route. A l’intérieur, des corps d’une trentaine de civils méconnaissables. Parmi eux, des femmes et des enfants.

On compte également des survivants blessés mais aussi des portés disparus. Ont-ils été emmenés par les jihadistes, accusés d’être responsables de l’attaque, ou bien ont-ils pu à un moment s’échapper du groupe ? Pas de précisions pour le moment.

De sources concordantes, le véhicule et ses passagers se dirigeaient, vendredi, vers la localité de Bandiagara, située dans le centre du pays, pour participer à une foire. Tous étaient des civils.

Sur le trajet, entre le village malien de Songho et la route nationale 15, des hommes armés ont surgi. Ils étaient plutôt bien renseignés. Des coups de feu ont alors éclaté. Panique à bord. Le chauffeur du véhicule aurait tenté de s’échapper. De nouveaux coups de feu ont retenti. Par la suite, les assaillants dont certains étaient à moto, ont mis le feu aux camions.

Les forains quittaient le village de Songho qui est à 10km de Bandiagara. Ils ont fait l’objet d’une attaque. Devant, il y a eu des tirs de rafale, le chauffeur voulait sauver sa vie et celle des occupants de la camionnette. Il a fait demi-tour. Mais il y avait un autre groupe derrière, ils ont ouvert le feu. Ils ont tué le chauffeur et tous ceux qui étaient dans la véhicule. Il y a beaucoup de pertes humaines.

Moussa El-Hadj Tembely, deuxième adjoint au maire de Bandiagara

Christina Okello

Comments

  1. RFI.fr revient le 10/12/2021, sur les suites de la récente attaque en Pays Dogon:

    Mali, le mouvement de désobéissance civile qui avait été initié dans la ville de Bandiagara au début de la semaine est suspendu.
    Les habitants de cette ville du pays dogon, dans le centre du pays, exigeaient davantage de moyens de la part des autorités pour lutter contre les attaques jihadistes qui ensanglantent régulièrement la zone.
    Une attaque ayant fait plus de 30 morts la semaine dernière avait fait déborder la coupe et suscité ce mouvement de désobéissance civile. Mais la visite d’une importante délégation ministérielle, mercredi, a convaincu les habitants de lever ce mouvement, temporairement.

    Ils ont été convaincus : les habitants de Bandiagara ont pu exprimer aux trois ministres – Défense, Réconciliation nationale, Affaires humanitaires – leurs doléances : une présence militaire plus importante et une collaboration plus étroite avec la société civile pour faire face à la menace jihadiste. Et selon Oumar Guindo, membre de la commission d’organisation du mouvement de désobéissance civile, les ministres ont su apporter des réponses.

    « Ils ont rassuré la population. Des patrouilles seront organisées de façon permanente pour déloger les bandits armés, un groupement de la Garde nationale aussi sera installée au niveau de Bandiagara. C’est nouveau. Donc compte-tenu de tout ce qui a été dit, la population a décidé de lever les mesures liées à la désobéissance civile. »

    De lever ou plutôt de suspendre. Les services étatiques qui ne fonctionnaient plus depuis mardi ont repris hier jeudi 9 décembre, mais pour une semaine seulement.

    « La population reste vigilante face aux promesses faites. Parce que nous devons avoir confiance en nos autorités. On a entendu pas mal de discours. Donc on dit pour cette fois ci on va suspendre les actions de désobéissance civile et voir maintenant ce que ça va donner les prochains jours, de voir les actions de nos autorités. »

    Et si les promesses ne sont pas tenues, ou pas assez vite, le comité d’organisation se dit prêt à relancer son appel à cesser les activités.

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