Mission itinérante en Casamance en octobre 2009 – chapitre 12

Mireille est médecin généraliste et participe à toutes les missions itinérantes sur les îles de Casamance.

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A propos d’une consultation inhabituelle elle  a rédigé ces lignes.

<<<Lors de nos missions en Afrique, une part importante de notre activité est consacrée aux consultations prénatales.

 On le sait la natalité y est élevée, et nous sommes souvent confrontés aux grossesses nombreuses, rapprochées.  Les femmes sont épuisées par ces grossesses répétées ainsi que par l’allaitement (qui dure souvent jusqu’à  24 mois ou plus tôt jusqu’au début de la grossesse suivante …) s’ajoutant à leur charge de travail déjà très importante.  Nous essayons de les sensibiliser au contrôle des naissances, leur expliquant que ce n’est pas pour en diminuer le nombre mais pour les espacer, leur laisser le temps de s’occuper correctement des nouveaux nés, d’avoir un allaitement efficace, de se reposer un peu…Nous leur demandons ainsi de réaliser qu’après six mois d’allaitement elles ne sont pas totalement protégées contre une nouvelle grossesse et qu’il faut envisager  une « planification »  pour pouvoir allaiter correctement leur bébé.

Le moyen contraceptif le plus utilisé dans cette zone où les femmes peu instruites n’ont pas la possibilité d’un suivi correct, consiste à renouveler tous les trois mois une intramusculaire de « Depo Provera » ou à placer pour une durée de  trois ans « un implant » à base lui aussi de progestatif. Mais les effets secondaires sont multiples, assez souvent mal supportés d’autant plus qu’elles sont peu ou pas informées quant aux troubles bénins susceptibles de se produire  qui les inquiètent… Lourd est aussi le poids de la pression familiale, des coutumes, certaines s’en affranchissent, mais on en voit souvent aussi qui voudraient bien et qui n’osent pas.

Nous avions été étonnés, lors d’une mission où était présente une gynécologue qui avait tenu à réunir les femmes du village pour annoncer qu’elle était compétente pour tous les problèmes de « femme », de ne voir venir vers elle que les femmes manifestement enceintes et ne pouvant le cacher ! Alors que toutes les autres se rendaient en consultation chez nous généralistes qui, en un second temps, « référions » la patiente à  la gynécologue…comprenant bien qu’aller consulter directement la  spécialiste « des problèmes propres aux femmes » affichait nettement vis  à vis de la foule des patients qu’il existait un problème…

 

Nous sommes aussi confrontés au douloureux problème des stérilités. Les moyens de diagnostic, d’exploration, de traitement manquent, tant sur le plan des moyens financiers que sur le plan matériel : accès compliqué voire impossible pour certains aux examens complémentaires, il faut aller loin, Ziguinchor…plus souvent Dakar, manque de spécialistes, difficulté d’avoir des rendez vous (il faut parfois se présenter pendant plusieurs jours pour être reçue).

A suivre

Vous trouverez à la date du 2 octobre 2009 la présentation complète de notre association.

 

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