COLLOQUE SANTE SUD à MARSEILLE

Hier vendredi 16 Novembre j’ai pu assister à Marseille, au Pharo, au colloque organisé, dans le cadre « Regards croisés Nord – Sud » par nos amis de Santé Sud avec l’URML (Union régionale des médecins libéraux PACA).

Le thème en était: MEDECINE DE PROXIMITE: CRISE DES RESSOURCES HUMAINES.

Je vous livre les quelques commentaires que m’inspire ce colloque animé par de nombreux intervenants que nous nous devons de remercier

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Dans les pays du Nord comme ceux du Sud les professionnels de santé de première ligne s’avèrent inégalement répartis sur les territoires nationaux. Les milieux ruraux, la brousse, la campagne tout comme les banlieues, les cités sont insuffisamment pourvus, voire dépourvus, quant à l’offre de soins de médecine de proximité. En outre la médecine générale n’attire pas au « Sud » : nombre de docteurs en médecine, si fiers de leur diplome très valorisant, n’exercent pourtant pas la médecine et vivotent de petits boulots en ville à Bamako ou à Dakar!… La médecine générale n’attire plus au « Nord » suffisamment de jeunes praticiens qui n’entendent plus rester disponibles 24 heures sur 24 tout au long de l’année et veulent pouvoir mener de front leurs vies professionelle, familiale, artistique, sportive… La féminisation grandissante de la profession a été soulignée et joue également un rôle dans cette approche qui se caractérise par un changement radical « d’èthos ».

La raréfaction du nombre global de médecins est imputable au « numerus clausus » imposé en première année de médecine avec l’idée d’une part que le « gâteau » à partager entre les médecins n’augmenterait pas et que, d’autre part, moins il y aurait de soignants moins les dépenses de santé s’accroisseraient…

La relation « Soignant-Soigné » a été développée: le mal-être des soignants augmente au « Nord » du fait des procédures normatives et de la judiciarisation, de l’évolution technologique et de la non-formation à la médecine générale, de la surinformation médiatique, des tensions sociales…, alors que dans les pays pauvres il est souvent lié aux frustrations en rapport avec le manque de moyens matériels et humains, l’ignorance et la précarité des populations, l’absence de protection sociale, l’inadaptation des formations…

Autre volet: le médecin généraliste est contraint d’intervenir comme acteur de santé publique sans que l’on lui demande son avis: a ainsi été citée la grande campagne qui se prépare de « Dépistage du cancer du colon » qui va générer de nombreux faux positifs à qui l’on infligera une coloscopie non appropriée en fait, avec tous les risques inhérents à la pratique de masse de cet examen, risques non négligeables d’accident grave…(On connait aussi les contreverses et réticences à propos des campagnes de dépistage du cancer du sein ou de la prostate: lire « Prescrire » ou « Le Monde »). L’un des rôles du médecin généraliste ne sera-t-il pas, n’est-il pas déjà, de protéger nos patients des dangers et outrances de la médecine « moderne »?...Il devra aussi redevenir l’acteur des soins primaires au sein d’une équipe de soignants incluant sur le même pied d’égalité le médecin, l’infirmière,le kinésithérapeute, les travailleurs sociaux…Est posé le problème de la permanence des soins, de l’éducation du public ainsi que celui de la rémunération des médecins: abandon du paiement à l’acte alors que celui-ci se développe en Afrique désormais!… Le cadre de l’Initiative de Bamako s’impose toujours: recours aux génériques et recouvrement des coûts, responsabilisation des patients…

Je suis intervenu en m’étonnant que lors de toute cette journée pas une seule fois le mot de « vocation » n’ait été prononcé et en demandant à nos jeunes confrères de rester conscients que les soins primaitres supposent le maintien de l’organisation de gardes et permanences en relation équilibrée avec les centres 15, les Samu et les pompiers…Une jeune étudiante en médecine est venue me dire que je ne devais pas m’inquiéter et que la vocation existait toujours…Merci jeune consoeur.

Nous avons pu suivre, en guise de clôture au film « Toro si te » « Tout va bien » tourné au Mali sur la vie, complètement intégrée à son village, d’un médecin de campagne Malien Seydou Konaté lequel était présent au colloque.

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