Production d’artemisinine à partir de levures

Merci au forum REMED qui nous annonce cette recherche canadienne.

 

 

Conseil national de recherches Canada
Le  CNRC soutient la recherche pour la production durable d’un
antipaludique

Le 10 mai 2011
http://www.nrc-cnrc.gc.ca/fra/actualites/cnrc/2011/05/10/antipaludeen.html

L’expertise du CNRC en biotechnologie végétale aboutira bientôt à un traitement
abordable et fiable contre le paludisme par la mise au point d’une nouvelle source d’artémisinine.

Grâce à un partenariat public-privé financé au moyen d’une subvention de
42,6 millions de dollars de la Bill & Melinda Gates Foundation (site en
anglais), plusieurs organisations, dont le CNRC, ont mis au point une
nouvelle source d’artémisinine – un composé végétal naturel d’où dérivent
les médicaments servant à détruire le parasite responsable du paludisme.

L’artémisinine vient d’une plante de l’herboristerie chinoise
traditionnelle, Artemisia annua, cultivée en Afrique et en Asie.

En 2004, l’Institute for OneWorldHealth (site en anglais) de San
Francisco-Sud s’associait à l’Université de la Californie à Berkeley (UC
Berkeley) (site en anglais) et à son entreprise dérivée Amyris (site en
anglais) pour essayer de créer une source durable et peu coûteuse
d’artémisinine. L’UC Berkeley souhaitait identifier les gènes régulant la
synthèse de l’acide artémisinique, qu’on peut transformer chimiquement en
artémisinine et en médicaments apparentés.
De son côté, Amyris voulait
hisser la production de cette substance au niveau commercial, à partir d’une
plateforme technologique lui appartenant et reposant sur des levures.

Le projet PhytoMetaSyn
Patrick Covello et ses collègues appliquent maintenant l’expertise qu’ils
ont acquise dans le cadre du projet de l’artémisinine à une initiative de
recherche de quatre ans et de 13,6 millions de dollars que financent Génome
Canada et d’autres organisations.

En vertu du projet PhytoMetaSyn (site en anglais), les scientifiques du CNRC
et des universités canadiennes étudieront les voies métaboliques d’environ
75 espèces végétales. Le but : modifier des cellules de levure pour qu’elles
produisent de manière économique des composés naturels de valeur présentant
de prometteuses qualités commerciales ou médicales.
« Je travaille sur une dizaine d’espèces qui synthétisent des
triterpénoïdes, des composés aux propriétés intéressantes, notamment contre
le cancer, les virus, le paludisme et les insectes », révèle M. Covello.
Des chercheurs du CNRC à Saskatoon poursuivaient des buts semblables.
Travaillant chacune de leur côté, en 2006, les équipes du CNRC et de l’UC
Berkeley ont isolé le même gène, qui joue un rôle primordial dans la
synthèse de l’acide artémisinique.

« Nous avons poursuivi et identifié d’autres gènes de la voie de
l’artémisinine », explique Patrick Covello, qui pilote l’équipe de
l’Institut de biotechnologie des plantes du CNRC (IBP-CNRC). « Ensemble,
Amyris et l’UC Berkeley étaient en mesure de produire efficacement des
substances végétales avec des levures. Nous possédions les gènes dont ils
avaient besoin et Amyris, la technologie nécessaire. »
 

M. Covello a commencé à collaborer avec Chris Paddon, directeur des travaux
chez Amyris, en 2008. M. Paddon et son équipe ont intégré deux gènes
essentiels, découverts par le CNRC, à la plateforme de production par les
levures d’Amyris, ce qui a effectivement doublé le rendement final pour
l’amener au niveau commercial.

Deux ans plus tard, OneWorld Health annonçait une subvention supplémentaire
de 10,7 millions de dollars de la Bill & Melinda Gates Foundation afin
d’accélérer la production d’artémisinine par la multinationale
pharmaceutique Sanofi-Aventis.
En mars 2011, le CNRC signait un accord de licence avec OneWorld Health et
Sanofi-Aventis en vue d’intensifier la production des médicaments à base
d’artémisinine au moyen de l’approche de « biologie de synthèse » imaginée
par Amyris, l’UC Berkeley et le CNRC. On devrait commencer la distribution
des médicaments courant 2012.

Fournir de l’artémisinine bon marché pour les thérapies combinées est une
véritable percée dans la lutte contre le paludisme. »

 

Il est important de ne pas dispenser l’artemisinine seule mais toujours en association afin d’éviter ou de retarder l’apparition de résistances du Plasmodium à ce produit.

 

Présentation de notre association ANIMA en date du 28 février dernier sur ce blog.

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