MISSION SMARA au Nord Mali N°4

Deux des boursiers « Coulou » et « Dicko » tous deux originaires du nord sont en quatrième année de médecine cependant que le troisième Bocar, nordiste lui aussi, est en 3 ème année: très spontané il parle bien fort et nous « saoule » une partie de voyage jusqu’à ce que je me décide à intervenir gentiment pour lui demander de ne pas parler si fort…Il parviendra à se maitriser! Merci Bocar…Notre chauffeur Abdallah des plus discret me remerciera!…

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CSCOM de Dianké à une heure creuse…

 

Tous trois semblent apprécier la formation qui leur permet d’être au contact du malade, de pouvoir l’interroger et enfin l’examiner avant de  pouvoir discuter du cas, proposer un diagnostic et bien évidemment une thérapeutique. J’ai apporté plusieurs livres dont « le Guide Dorosz des Médicaments » fort apprécié et puis la petite »bible « Merck qui fait le tour des pathologies.

Ils sont satisfaits également de pouvoir doser une glycémie avec le lecteur à même de fournir un dosage sur une minime goutte de sang en 15 secondes (encore leur faut-il retrouver la correspondance entre les millimoles et les grammes/litre!…) ou de détailler en deux minutes une analyse d’urines par la lecture d’une bandelette réactive.

Nous rentrons chaque après-midi sur la base de Léré pour y passer la nuit  et revenir le lendemain matin tout en laissant au centre de Dianké un des étudiants qui sera de garde avec Morike et verra les urgences nocturnes avec lui.

Mercredi c’est jour de marché à Dianké…Il y a foule au CSCOM. Morike nous annonce rapidement qu’il est convoqué par le médecin-chef à Niafunké et doit nous quitter, nous confiant les patients qui ont afflué pour la consultation. Guère possible de refuser mais l’esprit de notre mission change du tout au tout! Nous ne sommes plus en mission de formation mais en mission de soins: un accord entre le Mali et SMARA se trouve ainsi subitement dévié de sa fonction première…Les étudiants y trouvent finalement leur compte puisqu’ils  continuent de la même façon à recevoir les patients!

Quelques pathologies sévères sont à prendre en charge. Une énorme infection de l’extrémité inférieure du fémur chez une vieille femme aveugle (kératoconjonctivite ancienne) dont le genou est irrémédiablement démoli par une probable ostéomyélite ; la pauvre femme se présente avec une jambe d’une saleté repoussante et il faut d’abord « un brin de toilette » avant de pouvoir s’occuper du genou…vertus du lavage à l’eau et au savon…

Femme enceinte hyper fébrile qui va réagir rapidement et favorablement à la prise en charge d’une pyélonéphrite par les antibiotiques en perfusions intra veineuse.

2 femmes en tachycardie mériteraient une  thérapeutique par des béta-bloquants, hélas indisponibles. Je téléphone à Niafunké pour essayer d‘en trouver mais en vain…On demande bien sûr à ces femmes de revenir pour un contrôle mais elles n‘en feront rien.

Nous terminerons après 15 heures la consultation de ce jour de marché et pourrons prendre notre repas de riz sauce, gentiment préparé par la jeune épouse de notre confrère. Leur fille ainée  vient toujours me saluer gracieusement à son retour de l‘école ne semblant rien craindre, et à juste titre, du toubab barbu…

Il fait chaud; le thermomètre monte jusqu’à 47° et j’ingurgite sans avoir à me forcer presque 4 litres de liquide chaque jour….

Vous trouverez sur ce blog une présntation actualisée de notre association à la date du 31 mai

 

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