Lutte contre la bilharziose

La bilharziose urinaire est des plus fréquente sur notre aire d’intervention: elle est, avant tout liée, à l’immersion partielle (travaux des champs) ou totale (baignades) dans des eaux douces stagnantes polluées par l’émission d’urines infectantes, tout cela en cercle vicieux infernal…Les enfants sont les premières victimes. Comment empêcher ces enfants de vouloir profiter d’une baignande par les fortes chaleurs même si l’eau est croupissante!… La maladie va se traduire par une hématurie (sans dans les urines, en début de miction) et peut aboutir à une insuffisance rénal très lente et progressive.

Le Praziquantel en prise unique en est le traitement simple et efficace mais, du fait des réinfestations la maladie reste très présente et préoccupante.

Ci-dessous quelques informations à propos du produit utilisé dans cette lutte.

 

dePLoS Neglected Tropical Diseases
Research Article

Résolution de Praziquantel
Michael Woelfle1, Jean-Paul Seerden2, Jesse de Gooijer2, Kees Pouwer2, Piero
Olliaro3, Matthew H. Todd1*
1 School of Chemistry, The University of Sydney, Sydney, New South Wales,
Australia, 2 Syncom B.V., Groningen, The Netherlands, 3 UNICEF/UNDP/World
Bank/WHO Special Programme for Research and Training in Tropical Diseases
(TDR), World Health Organization, Geneva, Switzerland
http://www.plosntds.org/article/info:doi/10.1371/journal.pntd.0001260

Abstract

Historique
Praziquantel reste le traitement de choix dans le monde entier de la
schistosomiase. Le produit est synthétisé et administré comme racémate. Il
serait souhaitable d’employer l’énantiomère pur car l’énantiomère inactif a
des effets secondaires et il est aussi responsable de l’extrême amertume de
son goût.

Méthodologie et résultats
Nous avons trouvé deux approches pour l’obtention de praziquantel comme
simple énantiomère. L’une consiste à utiliser la forme commerciale
disponible et implique une hydrolyse pour obtenir un intermédiaire aminé,
qui se résout avec de l’acide tartrique. Cette méthode a été découverte
grâce à une collaboration ouverte sur le Net. La seconde méthode a été
identifiée par une agence travaillant sous contrat. Elle emploie un
intermédiaire différent résoluble dans l’acide tartrique.

Conclusions et Significativité
Les deux méthodes identifiées laissent augurer de la possibilité d’une
production à grande échelle viable financièrement d’un énantiomère simple à
bas prix. De plus elles peuvent être utilisées par des laboratoires pour de
petites productions pour des travaux de recherches, pour, par exemple,
élucider le mécanisme d’action du produit.

Résumé de l’auteur

Le praziquantel PZQ est utilisé mondialement chez l’homme et chez l’animal,
où il est le principal vecteur de lutte contre la schistosomiase. Pour
l’instant on produit un racemate qu’on administre aux patients (1:1 mélange
d’énantiomères) mais pour différentes raisons il serait souhaitable de
produire un énantiomère simple à grande échelle. Nous avons pu décrire des
méthodes de résolution classiques de préparation d’un énantiomère simple.
Les protocoles expérimentaux se montrent simples et peu coûteux. L’une des
méthodes a été validée par une collaboration entre partenaires industriels
et universitaires travaillant en recherche ouverte avec des données
disponibles sur le Net. L’autre méthode a été découverte en parallèle par
une agence d’études sous contrat. En plus du faite d’avoir différentes voies

possibles de production à grande échelle, on s’attend à pouvoir aussi
utiliser ces méthodes dans de petites productions d’énantiopure pour des
études de pharmacologie.

***************

PLoS Neglected Tropical Diseases
Article de recherche
Une revue systématique de l’intérêt de répéter la prise de praziquantel dans

le traitement de la Schistosomiase dans les populations à haut risque en
Afrique
Charles H. King1,2,3*, Stephanie K. Olbrych2, Margaret Soon2, Mendel E.
Singer2, Jen Carter4,5, Daniel G. Colley3,4,5
1 Center for Global Health and Diseases, Case Western Reserve University
School of Medicine, Cleveland, Ohio, United States of America, 2 Department
of Epidemiology and Biostatistics, Case Western Reserve University School of
Medicine, Cleveland, Ohio, United States of America, 3 Schistosomiasis
Consortium for Operational Research and Evaluation, University of Georgia,
Athens, Georgia, United States of America, 4 Center for Tropical and
Emerging Global Diseases, University of Georgia, Athens, Georgia, United
States of America, 5 Department of Microbiology, University of Georgia,
Athens, Georgia, United States of America
http://www.plosntds.org/article/info:doi/10.1371/journal.pntd.0001321

Résumé

Historique

La controverse continue sur une approche optimale du contrôle médicamenteux
de la schistosomiase dans les populations à haut risque en Afrique. Grâce à
une revue systématique des travaux publiés, nous avons évalués les preuves
d’un meilleur résultat lors de la répétition de la prise de praziquantel
entre 2 et 8 semaines après l’administration initiale, dans les zones
d’endémies de la Schistosomiase en Afrique.

Méthodologie et Principaux résultats

On a réalisé une recherche systématique sur PubMed et EMBASE de données
pertinentes en employant les termes « schistosomiase », « prise » et
« praziquantel » ainsi que des recherches manuelles de bibliographies et de
recueils personnels des articles trouvés. Dans 10 rapports satisfaisant les
critères de l’études, des améliorations des résultats des traitements
parasitologiques après deux doses de praziquantel apparaissent plus
importants dans les infections à S. mansoni plutôt que dans celles à S.
haematobium. Les taux de réussite observés (évaluation du passage de positif

à négatif de la détection d’oeufs) sont de 69 à 91% pour S. mansoni après
deux doses contre 42 à 79 % après une dose, et pour S. haematobium, les taux

après deux doses vont de 46 à 99% contre 37 à 93% après une seule dose. La
réduction de l’intensité (nombre d’oeufs en moyenne) grâce au traitement
varie selon la souche: pour S. mansoni, la répétition de la dose conduit à
une réduction de 89% en moyenne du nombre d’oeufs contre 83% après une seule

prise, et pour S. haematobium, la répétition de la prise conduit à un taux
de réduction de 93% à comparer à celui de 94% dans le cas d’une seule prise.

L’analyse de coût-efficacité a été conduite en utilisant le modèle de
Markov.

Conclusions et Significativité

Même si répéter le traitement par praziquantel a des implications
financières et demande la participation de la communauté, il existe un
avantage additionnel estimé à 153 $ dans le cas de S. mansoni, et à $211
pour S. haematobium,. Une réduction plus rapide de la maladie liée à
l’infection peut aussi entraîner une adhésion meilleure au programme, et si,

de plus, la transmission peut être réduite grâce à une meilleure couverture,

on peut s’attendre à des bénéfices additionnels significatifs dans les
populations ciblées

Résumé de l’auteur.

L’infection par le ver de la schistosomiase est à l’origine de maladies
graves chez les populations vivant en Afrique, en Amérique du sud et en Asie

où ces parasites sont fréquemment transmis. Bien qu’un traitement par
praziquantel pris tôt s’avère très efficace pour réduire ou éliminer
l’infection, il ne réussit pas chez tout le monde, et la réinfection reste
un problème dans les populations à haut risque. Des études avaient mis en
évidence que répéter la prise de praziquantel 2 à 8 semaines après la prise
initiale pouvait améliorer le taux de réussite et diminuer l’intensité de
l’infection dans les populations participant aux programmes de lutte. Notre
revue systématique des résultats publiés a montré que, en moyenne, en
Afrique, répéter la prise présente des avantages particuliers dans le
traitement de S. mansoni, la cause de schistosomiases intestinales, alors
que les résultats sont moins évidents dans le cas de S. haematobium, qui est

à l’origine de schistosomiases urogénitales. Utilisant ces preuves, on a
utilisé un modèle de durée de vie établi pour prédire le coût et les
avantages d’une stratégie à prise unique contre la répétition de la prise
dans une population typique à haut risque. Nos projections laissent entendre

une amélioration du rapport coût-efficacité dans le cas de la répétition de
la prise en termes de a) réduction de la durée de l’infection chez un
patient en nombre d’années, b) réduction du nombre d’années passées en état
infectieux grave, et donc une amélioration de la qualité de la vie qui
s’ensuit.

Présentation de notre association en date du 23 décembre sur ce blog

Comments

    1. Prévention individuelle

      Proscrire contacts cutanés (et bien sûr les bains) en eau douce stagnante dans les pays infestés.
      Les bains au milieu d’un fleuve ou d’une rivière ne posent pas de problème. Ne pas revenir cependant à terre par les berges (plongée à partir d’un bateau, d’une jetée…)même si le risque est peu important .
      En cas de contact accidentel, s’essuyer avec une serviette le plus vite, le plus vigoureusement et le plus complètement possible.

    1. Proscrire contacts cutanés (et bien sûr les bains) en eau douce stagnante dans les pays infestés.
      Traiter par Praziquantel la maladie dès la constatation d’urines sanglantes.

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