Ulcère de Buruli (actualisation)

Il est fait mention pour la première fois, en Ouganda, en 1897, par un médecin britannique d’ulcères cutanés évolutifs et délabrants. Il faut attendre 1948 pour obtenir en Australie une description précise de la maladie et surtout la mise en évidence de l’agent causal: Mycobacterium ulcerans, (famille des germes de la tuberculose et de la lèpre).

La maladie de BURULI est observée dans les régions humides tropicales et subtropicales à proximité des plans d’eaux stagnantes et des rivières à débit lent. La plupart des patients sont des enfants de moins de quinze ans même si on peut être atteint à tout âge, et ce quel que soit  le sexe.

On a pu mettre en évidence en 2008 que la transmission s’effectue, en fait, par les piqûres d’insectes aquatiques (water strider).

Il est notifié à l’OMS depuis 1998 de plus en plus de cas au Cameroun, au Congo, au Gabon, au Soudan, en Ouganda, en Côte d’Ivoire, au Togo, au Nigeria et en Australie. Chine, Brésil, Guyane française déclarent quelques cas…

SIGNES de la maladie

L’ulcère de Buruli commence souvent par un nodule cutané mobile et indolore ou par une tuméfaction indurée diffuse évoluant sans fièvre ni douleur, vers une ulcération creusante jusqu’à l’os avec déformations puis cicatrices invalidantes restreignant les mouvements articulaires chez au moins un quart des patients atteints, lesquels en raison de cette lente progression tardent à consulter d’autant que l’affection reste indolore.
Pour porter le diagnostic il faudra éliminer d’autres pathologies (ulcères phagédéniques, leishmaniose, Onchocercose…). Ce diagnostic est assuré avant tout par la clinique car, la plupart du temps, il est difficile dans la plupart des pays concernés d’isoler en brousse la mycobactérie responsable qui agit par l’intermédiaire d’une toxine.

TRAITEMENT

Les recommandations actuelles  de l’OMS sont les suivantes:

  • Traitement médicamenteux intensif  et le plus précoce possible par une association d’antibiotiques (Rifampicine et Streptomycine/amikacine) pendant deux mois: en hospitalisation ou en ambulatoire pour les lésions encore peu évoluées: en fait ce traitement qui nécéssite des injections intra-musculaires est particulièrement lourd d’autant qu’il est contre indiqué chez la femme enceinte et l’enfant du fait de la toxicité de la streptomycine (surdités irréversibles). Une étude menée par la fondation Raoul Follereau vient de mettre en évidence au Bénin  que cette antibiothérapie pourrait être remplacée par l’association, sous forme de comprimés, de Rifampicine et de Clarithromycine pendant huit semaines. Une étude complémentaire de l’OMS au Bénin et au Ghana, sur 300 cas, devrait permettre de valider ce traitement oral et d’abandonner les  intra-musculaires, sources de  moult difficultés…
  • Traitement chirurgical, qui était  privilégié jusqu’en 2004 mais qui reste complémentaire de l’antibiothérapie et tout à fait indispensable la plupart du temps: parage des tissus nécrosés, correction des déformations et des cicatrices cutanées, prévention ou correction des altérations génératrices d’incapacité ou d’invalidité.

    STRATEGIES DE LUTTE
    L’initiative mondiale de l’OMS  contre l’ulcère de Buruli a insisté sur les points pratiques suivants au niveau du terrain:
  • Formation des soignants, des enseignants et des agents de santé dans les villages
  • Information des populations pour un diagnostic précoce, une prise en charge rapide de toute plaie en insistant sur la curabilité de l’affection perçue souvent par la population comme la conséquence d’un maraboutage ou d’un envoûtement. Pour notre part nous n’avons pas rencontré cette maladie en Casamance mais restons vigilants…Devant la récente mise en évidence du rôle des insectes dans la transmission de la maladie de Buruli il faut certainement insister sur le rôle protecteur des vêtements longs, en particulier lors des travaux en eaux stagnantes…

Comments

  1. je vous informe que je fais des recherches sur les aspects sociaux et comportementaux de cette maladie dans le cas de mon Doctorat unique en Côte d’Ivoire.
    Respectueusement

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