Tétanos: suite

Suite à l’article  écrit sur ce blog voici quelques jours je voudrais ajouter cette histoire vécue…

Il y a trois ans lors de notre mission avec Via Sahel en Pays Dogon au Mali nous avons été confrontés à un cas douloureux de tétanos qui démontre bien la difficulté de prise en charge en brousse de ces patients.

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Nous étions dans un village de l’immense plaine de sable qui court depuis la falaise de Bandiagara jusqu’au Burkina Faso. Lors de notre visite à un des puits en construction par Via Sahel, nous apprîmes qu’une femme n’allait pas bien, non loin de là, depuis son accouchement. Rendus sur place nous ne fumes pas longs à confirmer le redoutable diagnostic de tétanos néo-natal. Nous arrivâmes à persuader la famille de réfléchir qu’on ne pouvait laisser ainsi cette jeune femme mourir misérablement alors qu’à quelques heures se trouvait l’hôpital…On nous prévint bientôt qu’effectivement la famille s’était décidée et amenait en charrette la malade jusqu’à Banani au pied de la falaise. Alain vint la prendre en charge dans le 4/4 pour la remonter sur le plateau et l’installer enfin à l’hôpital: là bien sûr pas de réanimation, pas d’intubation possible, pas de benzodiazépine à fortes doses, même pas d’immmunoglobulines pour neutraliser la neurotoxine non encore fixée…Mais l’équipe de soignants  sous la direction du médecin en place s’employait à la soigner et à l’entourer et après quelques jours la patiente semblait avoir passé le cap; même si elle n’allait vraiment pas bien, elle  s’améliorait doucement…la famille nous annonça alors qu’elle ne pouvait assumer plus longtemps les frais de l’hospitalisation et ne pouvait prolonger la présence  d’un membre de la famille en permanence pour assurer la prise en charge de sa malade en ce qui concernait la surveillance, l’essai de nourrissage, les changes…Ils s’apprétaient donc à la reprendre pour la conduire au village…Quelque peu révolté, je proposais que notre association prenne en charge les frais matériels de l’hospitalisation mais cela ne suffit pas à convaincre la famille. Fort stupidement, je déclarais alors que s’ils emmenaient la patiente je reviendrai avec le 4/4 la chercher au village…Le lendemain elle était partie…Le 4/4   était en panne pour quelques jours! et n’a pas pu démarrer…Je suis revenu à la raison en me disant que le sort en avait été jeté et que cette panne était bien le signe que ma révolte était vaine et bien peu justifiée…Nous sûmes quelques jours plus tard que la malheureuse n’avait pas survécu bien longtemps…Que la terre lui reste douce.

Il eut suffi que la vaccination antitétanique soit pratiquée chez cette femme, dans son enfance ou au moins pendant la grossesse, pour qu’elle réchappe à cette maladie épouvantable…

Quelques années plus tôt nous avions visité, Philippe et moi, le service des maladies infectieuses de Dakar. En réanimation étaient traités une dizaine d’enfants dont bien peu réchapperaient au tétanos; affection qui n’aurait jamais du les atteindre s’ils avaient été vaccinés correctement ainsi que, heureusement, cela se fait maintenant de plus en plus avec l’effort des pouvoirs publics encouragé par les initiatives de l’OMS et de l’UNICEF….

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